mercredi 13 février 2019

J’ai pris le temps


Je regarde par la fenêtre de ma cuisine et je remarque cette jardinière aux plantes toutes jaunies par le froid et le gel qui se ballotte au vent, sa sœur est aussi accrochée au poteau d’à côté. Si on pouvait voir sous l’immense tas de neige juste en dessous, je trouverais mes plates-bandes toutes asséchées et sales que je n’ai pas nettoyées cet automne.


Je recule un peu et vois sur le contour de cette même fenêtre, un cordon de lumières de Noël blanches encore accroché. Je ne l’allume plus, pas plus que ces autres frères intérieurs qui ornent les fenêtres de ma salle à manger et de mon salon, mais ce soir mes lumières extérieures s’allumeront encore. Tant qu’il y a de la neige, c’est l’hiver, c’est un peu Noël. Je tourne la tête un peu et j’entrevois, oui, mon sapin de Noël, naturel, tout affalé, les aiguilles et les boules qui lui tombent de partout. « Je dois le défaire aujourd’hui! » C’est ce que je me dis depuis le 7 janvier et pour toutes les autres décorations d’ailleurs.

Ce matin, ce n’est pas un sentiment d’inefficacité ou de culpabilité qui me vient à la vue de ces tâches inaccomplies. « J’ai pris le temps… » Voilà ce que m’a soufflée la brise hivernale de ce 23 janvier.
J’ai pris le temps, car cet automne au lieu d’être allée dehors à nettoyer mes plates-bandes, j’ai passé six semaines à coudre des costumes d’Halloween à mes enfants! Quels sourires chez eux! Quelle fierté chez moi! J’ai pris le temps, car au retour des fêtes j’ai eu à prendre soin de mes bonhommes qui sont tombés malades l’un après l’autre et maintenant c’est moi qui le suis. Quel plaisir de les voir se réveiller guérit un matin et quel soulagement!


Cet automne, mon temps a aussi été accaparé par l’avènement de défis personnels qui font que je vois à nouveau la vie du bon côté et qui apportent une nouvelle lumière dans la maison et dans la famille par mon sentiment de réalisation. Alors, j’ai pu être là, au complet, pour soutenir chacun de mes enfants quand ils faisaient face à des défis personnels. Je le suis encore.

Cet hiver mes implications et défis se poursuivent, d’autres s’ajoutent, ça roule, mais je me lève avec le sourire le matin, je me sens plus patiente avec mes enfants, je me sens accomplie! Oui accomplie… même si j’ai deux jardinières qui attendent le printemps pour que j’aille les décrocher et même si je ne sais pas si mon sapin sera défait ce soir, car en entendant mon fils me demander de venir jouer avec lui, je lui réponds : « Oui, je viens! » Je viens prendre le temps…

Maman qui prend le temps

mercredi 6 février 2019

Le voyeur


Il était à son poste d’observation favori à la même heure chaque matin. Il lui fallait la voir de nouveau, il ne pouvait s’empêcher de la voir effectuer tous ses petits gestes quotidiens lorsqu’elle se levait de son lit. Il était là, avant même que l’alarme du réveil de l’adolescente ne sonne, avant qu’elle n’ébauche son premier sourire de la journée vers sa fenêtre. Cela faisait maintenant deux mois qu’il était là, et elle ne se doutait de rien encore. Ce matin-là, le soleil brillait de mille et un feux et lui, en était plutôt heureux car, pour une journée d’automne, il ne faisait pas trop froid. Le bruit de l’alarme de la jeune fille se fit entendre et il porta son regard vers l’immense lit où le jeune corps semblait perdu. En moins de quinze minutes, elle était vêtue d’une chemise d’homme noire et d’un pantalon rouge sang. Cet accoutrement était inhabituel pour une femme, mais cela lui donnait un style unique laissant paraître un air fragile et sexy à la fois. Le tableau s’offrant à ses yeux était extraordinaire, mais quelque chose clochait… une larme roulait sur ses joues enfantines, suivie de plusieurs autres. Le voyeur s’aperçut que quelque chose n’allait pas bien chez l’adolescente, mais que pouvait-il bien faire? Il essaya de se rapprocher discrètement de la fenêtre, mais l’adolescente sortit de sa chambre, laissant la pièce vide. Il décida de ne plus se tracasser pour le jeune visage aux grands yeux brillants de larmes et partit.



Le voyeur revint à son poste le lendemain matin; c’était un samedi, donc l’adolescente dormirait plus longtemps qu’à l’habitude, mais il s’en foutait, il voulait seulement la voir le plus longtemps possible. Quelle ne fut pas sa surprise de ne pas voir le lit occupé ni même défait! Inquiet, il se promit de revenir en soirée, au coucher du soleil, avant d’aller dormir. La journée s’écoula lentement, minute par minute, seconde par seconde. Dès que le soleil se colora de teintes orangées, il se précipita vers sa fenêtre favorite.
L’adolescente y était, seule comme toujours, les yeux rouges de pleurs, tout comme la veille. Ses cheveux d’un brun doré flottaient librement, elle ressemblait à un jeune fantôme errant, avec son visage pâle de tristesse. Le voyeur se rapprocha pour la voir, essayant de déterminer les causes de son chagrin.
Ce qui y vit, fut encore plus bouleversant qu’il ne l’imaginait! L’adolescente avait entre les mains un flacon vide de comprimés. Celle-ci se dirigea vers sa lampe de chevet et l’éteignit, se plongeant dans le noir. Le voyeur ne put partir de la fenêtre. Il ne savait pas si l’adolescente avait vidé la bouteille de comprimés au complet ou si elle n’avait pris que la dernière. Peut-être pleurait-elle à cause d’une migraine… Mais peut-être pleurait-elle pour une raison beaucoup plus grave… Il ne savait trop à quoi s’en tenir, mais son instinct le poussa à frapper légèrement contre la fenêtre. Si la jeune fille aux yeux tristes venait voir qui c’était, il s’en irait, mais dans le cas contraire…
Elle ne vint pas et il décida de s’acharner en frappant plus fort contre la vitre. Plus le temps s’écoulait, plus il frappait fort, mais il était frêle et devait faire beaucoup d’efforts pour faire beaucoup de bruit. Après une bonne vingtaine de minutes, une femme d’âge mûr entra dans la chambre et alluma la lampe de chevet pour voir ce qui entraînait tout ce vacarme. Elle se dirigea vers la fenêtre et, lorsqu’elle l’ouvrit, elle ne vit personne, mais le voyeur y était toujours caché et faible. La femme se dirigea vers le lit de sa fille et ce qu’elle y vit la terrifia lui glaçant le sang dans les veines. Le flacon de comprimés tout neuf qu’elle venait à peine d’acheter était vide auprès de sa fille. Le voyeur vit qu’il avait bien fait de s’acharner contre la fenêtre, sinon l’adolescente serait morte. Lui, pourtant, mourut le cœur heureux d’avoir sauvé la jeune fille aux yeux tristes… Il mourut, car sa frêle ossature n’était pas faite pour frapper aux fenêtres aussi fort que cela… Il mourut car, n’étant qu’un oiseau, ses os n’avaient pu résister aux collisions contre sa fenêtre favorite.


Voici une nouvelle littéraire que j'ai écrite adolescente. L'écriture m'a permise de passer au travers de cette époque pas facile de ma vie. Maintenant maman de quatre enfants. je suis heureuse d'avoir pu trouver des moyens de me sauver...





mercredi 23 janvier 2019

Le droit d'être un homme

Je sais bin pas ce qui a pu se passer à la conception dans le corps de ma mère. Quoi qu’il en soit, il y a eu une erreur dans la fabrication. Toutes les apparences ont laissées croire que j’étais une fille, mais du plus loin que je me souvienne, j’aurais voulu naître garçon. Et non un garçon manqué comme s’amusait à dire mon père.
Mon enfance a été joyeuse. J’adorais jouer dehors et quel plaisir que de se salir. Pour les occasions spéciales, on m’habillait en robe. Je n’en faisais pas de cas, mais je ne portais pas une attention particulière à garder ma tenue propre. Il m’est même arrivé à quelques reprises de vomir sur mes beaux habits. Ma mère était alors bien obligée de me changer. J’étais une gamine très énergique aux dires de plusieurs. Mes cousins et mes cousines aimaient ma compagnie, je débordais de vie. Je ne perdais pas mon temps à me poser des questions, j’accomplissais simplement le travail de tout enfant ; je jouais. Par moment, l’envie me prenais d’aller offrir un coup de main à mon père lorsqu’il travaillait au garage. Mon grand frère n’y voyait pas grands intérêts, mais moi, l’idée de me rendre utile et surtout, le potentiel de salissure me poussait à aimer la mécanique.



Justement, parlons-en de mécanique. Il doit y avoir eu tout une job de ‘’body’’ à faire au véhicule dans lequel je me suis trouvé lors d’un accident. J’avais alors 8 ans. Ma carrosserie à moi a été un peu abîmée, mais bon, j’ai gardé tous mes morceaux. À l’intérieur, ça me semblait un peu déraillé. Je n’étais plus comme avant, j’avais l’impression d’être lâche. J’étais toujours devant la télévision. Peut-être cette dernière me réconfortait, me distrayait, mais le bonheur n’était certainement pas dans cette boîte à grimaces. Toutefois, ma conscience prenait note que l’image qu’on y voyait des femmes ne correspondait pas à ce que je voulais être. Pas besoin d’un diplôme pour remarquer qu’on montre trop souvent la femme comme un objet. On dirait que la société toute entière laisse croire qu’on peut prendre possession du corps féminin. Je crois personnellement que les femmes ne sont pas traitées à leurs justes valeurs, encore aujourd’hui.
Je n’ai pas cherché à plaire ni même à déplaire à qui que ce soit. J’ai seulement voulu me respecter et m’approcher le plus possible de mon authenticité. J’ai choisi un métier traditionnellement réservé aux hommes. Les railleries de mes collègues m’agressaient. Pour eux, je n’étais qu’une fille qui se prenait pour un garçon. Ma réalité était tout autre, j’étais plutôt un garçon pris dans un corps de fille.


Il y a quelques années, j’ai fait le grand saut; un changement de sexe. Depuis, je me sens en accord avec moi-même. Je veux regarder devant et foncer à vive allure vers les prochaines destinations. Si ça se trouve, je n’ai que le tiers du chemin de parcouru. Le rétroviseur, très peu pour moi, ce qui est passé, n’existe plus. Je veux profiter du temps présent avec une compagne de vie si ce n’est pas trop demandé. Une femme avec qui je partagerai le volant assurément. Un homme pur laine

mercredi 16 janvier 2019

Quand les piliers de la famille deviennent des anges


Le 24 au matin, j’ai proposé à ma fille d’aller visiter ma grand-mère maternelle. Je savais qu’elle n’en avait plus pour longtemps à vivre. J’ai expliqué à ma grande qui aura bientôt 4ans, que son arrière-grand-mère n’allait pas très bien et qu’elle nous quitterait sous peu. Très vite, les larmes lui montèrent aux yeux. ''Je ne veux pas qu’elle meure." Malgré la maladie d’Alzheimer, la mémoire émotionnelle de ma grand-mère était merveilleusement bien ravivée quand nous allions la voir. Les heures passées avec elle étaient souvent magiques. Les fois où elles se prenaient main dans la main. La fois où elles ce sont collé le front en se disant leur amour. Quand elles s’offraient mutuellement le même chocolat. Le jour où ma grand-mère à peigné avec douceur les cheveux de son arrière-petite-fille. Mais aussi, ces moments où elle restait de glace devant cette petite qui tentait en vain d’entrer en contact avec elle. Heureusement, le poupon que je tenais dans mes bras parvenait toujours à la sortir de sa torpeur.
J’ai cherché à consoler mon enfant en lui demandant quel serait l’animal dans lequel l’esprit de son arrière-grand-mère voudrait se loger. Étant fans du film ‘’Moana’’ de Disney, je lui ai rappelé que la grand-mère de l’héroïne avait choisi d’être une magnifique raie aux couleurs bleutés. Plutôt que de me répondre, une lourde larme tomba sur sa joue. "Est-ce que tu veux un câlin?" Toujours capitonnée dans son silence, elle alla se lover sur le sofa juste à côté. "Tu sais, ma grand-maman a hâte d’aller rejoindre sa maman au ciel. Il faut penser à elles." Je venais de dire la bonne phrase qui lui permit de donner un sens positif à sa perte éminente. Après quelques minutes à réfléchir chacune de notre côté, elle me dit : "Maintenant je ne suis plus triste. Je comprends qu’il faut penser aux autres." "Tu as le droit d’être triste et de comprendre tout à la fois." Je l’étreins tendrement.


Tout juste remises de nos émotions, mon mari rentre dans la maison et m’apprend le décès de ma grand-mère, survenu aux petites heures du matin. Cette fois-ci, c’est moi qui ai senti l’envie de me retirer. Le besoin de coucher quelques mots sur papier se faisait sentir. Le résultat est un texte que j’ai lu à l’église quelques jours plus tard. J’aurais voulu m’adresser à l’assistance avec plus d’assurance, mais l’intensité du moment était si présente.

Petit cœur à l’âge d’or
Tu fais tic, tu fais tac
Petit cœur dort, tu peux battre en retraite.
 Enfin, vous êtes parvenue à rejoindre votre mère, Olive.
 Je tenais à vous remercier d’avoir mis au monde vos enfants. Qui a leurs tours, nous ont fait naître. Merci à toutes mes ancêtres d'avoir pris soins de notre monde. Je m'engage à vous faire honneur et à poursuivre votre quête d'amour bienveillant.
C’est votre arrière-petite-fille, ma fille, qui est la plus chanceuse ; vous m’avez aidé à la faire grandir d’une façon bien particulière. C’est elle qui vous appelait affectueusement Grand-maman casse-tête. Aujourd’hui j’y découvre le double sens. En effet, par votre résistance et votre entêtement, paradoxalement, vous lui avez appris l’acceptation et le lâcher-prise. Comme je l’ai déjà dit, c’est dans les défauts que les êtres se révèlent et nous font cheminer. Vous avez semé en nous des valeurs inestimables qui prennent racines au plus profond de nous, qui se décuplent et se propagent telles des semences laissées au vent. Vous avez accompli bien plus que vous ne l’auriez cru en aimant autant.


Six ans auparavant, j’étais exactement au même endroit. C’est à ma grand-mère paternelle que je rendais un dernier hommage. Sa mémoire n’a jamais fait défaut et c’est ce qui me fascinait chez elle. Une autre femme très inspirante, le pilier de notre famille. Je la remerciais entres autres, de nous avoir enseigné la solidarité, une valeur primordiale pour la pérennité de l’être humain. S’adresser ainsi, pour une dernière fois à l’être cher n’est pas facile. C’est un processus de deuil intense, mais combien bienfaiteur quand on le vit en profondeur.
                                                                                    Une maman qui a maintenant le cœur léger

jeudi 20 décembre 2018

Vive le grand air


Le vent d'hiver est pas toujours clément. Il y a un humoriste qui en voulait a celui qui a créé la chanson  ''vive le vent!'' Quand la température est pas trop intensément sous zéro pourquoi ne pas aller mettre le nez dehors. L’oxygène que ça fourni au cerveau est souvent très bénéfique. Il y a aussi le fait que les enfants sont plus faciles à coucher par la suite.

 Si je pense à mes plus beaux souvenirs, je constate qu'ils se sont tous déroulés en plein air. Du moins, c'est ce qui s'est le mieux inscrit dans ma mémoire. Les abris qu'on fabriquait dans la neige, les randonnées en forêt, aller glisser en crazy carpet ou encore patiner jusqu’à avoir les orteils gelés. Je me souvient d'une sortie d'école ou nous avions tous dormi dans un camps de bûcherons, feu de foyer pour nous tenir au chaud.

 J'aime sortir quelques minutes avec les enfants, même s'il fait assez froid. Parfois il faut les forcer un peu.  Je prends le temps de nous habiller comme des oignons, tsé avec ben des pelures. Il est souvent ardu de les convaincre de rentrer à la maison, finalement. Mon plaisir à notre retour : embrasser les petites joues froides. Ça me ramène définitivement à mes joies d'enfant. 



une maman qui continue d'aimer l'hiver. 

jeudi 13 décembre 2018

Une maison comme chez soi!

Avez-vous déjà visitez une Maison de la Famille? Ces organismes implantées un peu partout au Québec sont des essentiels dans la vie de nombreuses familles. On y fait des activités parents-enfants, on y rencontre d'autres familles, on y échange nos idées, nos connaissances. Dans une Maison de la Famille, on retrouve des animateurs, des gens dévoués, qui ont à cœur le bien-être des familles. Bref, ce sont les nouveaux perrons d'église où se créent nos communautés dans le respect mutuel avec ouverture et un accueil chaleureux. 
À Coaticook, nous avons la chance d'avoir ce petit coin de paradis sur la rue Cutting, tout près de la bibliothèque. Vous entrez dans les locaux du CAB, passez à côté de Mod-Écolo (prenez le temps d'aller y faire un tour pour y trouver des vêtements pour toute la famille), continuez et prenez l'ascenseur (les enfants aiment tellement appuyer sur les boutons!!), arrêtez-vous au 2e étage et voilà! Vous croisez d'abord la halte-garderie où vos petits mousses pourront rencontrer des amis et une éducatrice dévouée. À gauche, il y a le salon Rose-Ange où on peut prendre un café et rencontrer d'autres parents avec qui échanger et parfois une animatrice nous accompagne pour parler d'un sujet. Plus loin, c'est le bureau où s'activent toutes les abeilles ouvrières de cette ruche qui nous offrent un lieu de ressourcement pour les familles. 

C'est tellement un atout pour toutes les familles de la MRC de Coaticook d'avoir ce lieu dédié entièrement à leur bien-être. C'est pour cela que la Maison de la Famille de la MRC de Coaticook cherche à bonifier son offre. Peut-être avez-vous vu passer cet article dans le Progrès qui explique que la Maison de la Famille se cherche une maison? C'est dans le but d'avoir encore plus d'espace et surtout d'offrir un lieu encore plus adapté aux réalités des familles que ce projet est lancé.

Les mamans de la Voix des Parents sommes des adeptes de ce milieu pas juste parce la Maison de la Famille nous accueille et nous offre la halte pour nous permettre de discuter entre adultes pendant nos réunion, mais parce que, pour chacune d'entre nous, ce milieu nous offre un petit refuge quand on en a besoin.
'' Ça m'a aidé à ne pas descendre plus bas et éviter la dépression.''
''C'est plaisant d'être avec d'autres parents et de permettre à ma fille d'avoir des camarades de jeu.''
''C'est ici que je nourris mon besoin d'implication et que j'offre à mon fils un endroit pour socialiser''.
''Ça m'a permis de créer des liens et de réfléchir collectivement à des projets pour les familles de la communauté.''
''Ça m'a permis de sentir que j'avais une famille à mon arrivée dans la MRC.''
Alors, c'est de façon complètement intéressée que nous faisons la promotion de la Maison de la Famille de la MRC de Coaticook et que nous vous encourageons à la fréquenter, mais aussi à être à l'affût pour soutenir cet organisme dans sa recherche de maison et de financement. Si vous suivez notre page facebook (https://www.facebook.com/VoixdesParentsMRCdeCoaticook/) et celle de la Maison de la famille (https://www.facebook.com/MaisondelafamilleCoaticook/), vous verrez des invitations à participer à des initiatives auxquelles vous pourrez prendre part. 

Les mamans de la Voix des Parents fières de leur Maison de la Famille!


jeudi 6 décembre 2018

Lettre à mon enfant

20 novembre 2018
Bonjour Julianne, 
Je t’écris cette lettre alors que tu as deux ans et demi. Depuis ta naissance, tu es mon rayon de soleil. Ton sourire et ta bonne humeur sont contagieux. Tu es très coquine. Tu cherches à nous faire rire par des plaisanteries (cache-cache, bruits de bouches, chatouilles, etc.) Ta sociabilité est sans pareille. Des câlins, tu en donnes à tous ceux qui te croisent. Tu dis bonjour avec une telle joie de vivre que tu fais sourire tes êtres aimés, mais aussi les inconnus. Je te souhaite de rester intègre, car tu as déjà une personnalité si merveilleuse. La vie est belle, mais souvent difficile. Des épreuves, tu en traverseras de toutes sortes. Aie confiance en toi. Prends en main une chose à la fois. Tu es forte. Respecte-toi. Tu es le maître de ton bonheur. Ne laisse personne te blesser physiquement et moralement. Je te souhaite de rencontrer un partenaire de vie aimant, tendre, respectueux. Le bonheur se trouve entre autres. En étant bien avec soi-même; avec un partenaire de vie qui partage tes valeurs; en donnant de l’amour et de l’attention aux autres qui t’entourent; en retournant à la nature qui est la source de la vie; en vivant d’un métier ou d’occupations qui te font sentir bien. Profite des petits bonheurs qui se révèlent si importants. L’argent, c’est secondaire. Il en faut pour répondre aux besoins de bases et pour se gâter un peu, mais il faut aussi faire attention à la surconsommation. On se crée des besoins parfois futiles qui finissent par nous limiter au bout du compte. Il y aurait tellement à dire. La vie est un défi de tous les jours. Je veux te dire que je t’aime profondément et que je souhaite être là pour toi le plus longtemps possible dans la tienne. Je souhaite que nous soyons proches, capable de nous confier, de nous cajoler et de partager plein de moments heureux. Je t’embrasse, je t’aime. Ta maman xoxoxoxx Bisous.





À Marie-Luce de papa 
Écrit le 3 février 1991 
Ma chère petite fille, bonne fête. Aujourd’hui, tu commences ta vie d’adulte, tu as 18 ans. Cette lettre fut écrite pendant que tu avais encore les doigts dans ta bouche. Tu avais 3 ans. En lisant cette lettre, peut-être comprendras-tu un peu mieux la nature de mon amour pour toi. Tu as grandi avec tes frères et sœurs. Vous avez tous été conçus par l’amour entre maman et moi. Je vous aime tous avec le même amour, même si parfois il est présenté différemment. Très jeune, j’ai remarqué ton amour pour tes deux frères malgré que vous vous chicaniez sans cesse. Je ne peux deviner ce que tu es devenue et deviendras. Ce que je sais. C’est que maintenant, tu es une très belle jeune fille qui fait tourner la tête des garçons. Ce que je veux te donner comme éducation parentale c’est d’abord d’être toi-même et d’avoir le contrôle de soi. Ne laisse pas tes impulsions dominer, pense avec ton cœur, il te mènera loin. Tes chums, parfois, je ne les aime probablement pas. Pas tous en tout cas. C’est parce que je sais quels problèmes peuvent t’arriver. Je ne peux vivre ta vie à ta place, mais j’essaie de te guider de mon mieux. Souvent, tu n’écoutais pas papa et maman. La preuve, là voici. Pendant que je laissais pour quelques instants la lettre sur la table, tu es venue dessiner sur celle-ci. Non, je n’étais pas de bonne 
humeur. Mais aujourd’hui, tu en subis un peu les conséquences. C’est ta lettre et tu te dois de lire au travers ton barbouillage. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est pour te dire que peu importe ce que l’on fait, cela aura une influence sur notre vie un jour ou l’autre. Essaie de rester simple et de rechercher l’essentiel. L’essentiel qui est invisible à l’oeil. Cet invisible qui a le pouvoir de faire pleurer de joie et d’amour. Je suis ton père, tu n’y peux rien. Mais je peux aussi être ou bien devenir ton ami. Je trouve que bien souvent, l’amitié c’est plus fort que la famille. Il y a tant de discordes familiales. Mais regarde ce qu'est l’amitié, la vraie. Moi et Guy Vaillancourt, le parrain de baptême de ton frère, nous sommes amis depuis l’âge de 5 ans et rien ne pourrait briser cette amitié, pas même la mort, la guerre ou la désolation. Combien as-tu de véritables amis? Tu pourras toujours compter sur moi. Je souhaite sincèrement que tu puisses me parler de tes joies, de tes peines, et de tes problèmes comme un confident. Je crains ce jour ou je te laisserai partir de la maison. Tu me manqueras. Mais je le ferai, larme à l’œil et te souhaiterai d’être heureuse avec ton époux. S.V.P., ce jour-là demande-moi ma bénédiction et parle-moi de l’amour que tu as pour ton fiancé. Ton père qui t’aime chère Marie-Luce.