mercredi 5 septembre 2018

Ha! les allergies!


Allergies par-ci, Allergies par là..
Allergies aux noix, soya, poissons, lait, œufs, épices, carottes, cèleri, pommes, fraises, gluten, arachides …..
Je pourrais en énumérer encore et encore et encore. Les allergies font partie de notre société d’aujourd’hui. On en entend parler partout.
-Pourquoi pas envoyer d’amandes?
-Pourquoi ils interdisent les graines de tournesol?
-Eille moi leur protocole je m’en balance, je vais en envoyez pareil des amandes, ils ne le sauront pas


En ce début des classes, voilà un texte que j’écris pour vous aider chers parents n’ayant pas d’allergie dans votre maisonnée, à comprendre et réfléchir sur pourquoi l’école demande de ne pas envoyer certains aliments, peut-être serez-vous plus compréhensibles… 
 


Vous reconnaissez ce symbole?



Même si vous n’êtes pas allergique vous le reconnaissez.      (Ne contient pas d’arachides)
Il y a quelques années nous ne connaissions seulement que cette allergie, celle aux arachides. L’industrie de la nourriture a adhéré à ce programme pour bien identifier cet aliment dans ses produits afin d’aider les personnes souffrant de cette allergie à repérer rapidement s’ils peuvent ou non utiliser ce produit. 

Vivre avec une allergie ce n’est pas simple, imaginez quand on augmente le nombre à 2-4-8-15… allergies. Oui-Oui, je ne vous mens pas ici en vous disant 15 allergies, certaines personnes en ont bien plus que ça même (et cela comprend simplement les allergies alimentaires là!)
Ce n’est pas simple du tout. Tout doit être vérifier minutieusement sur les emballages (prendre le temps à l’épicerie de lire toute la liste d’ingrédients un à un pour s’assurer qu’il n’y a pas d’allergène). Pour les arachides, comme je disais plus haut c’est rendu plus simple avec le logo sur les boîtes, mais imaginez-vous qu’un œuf dans une liste d’ingrédient ça ne s’appelle pas simplement œuf, bin non! 
On peut lire "albumine", "ovoglobuline", pour n’en nommer que deux, car la liste est très longue. Pour le lait: "bêta-lactoglobuline", "caséinate", et ce ne sont là aussi que deux de la longue liste de mots qui peuvent cacher le lait. 
On doit vérifier lorsqu’on est en visite ou au restaurant (ça c’est si on y va, c’est déjà compliqué, sans parler des contaminations croisées. Qu’est-ce que c’est ça?  C’est un aliment allergène comme des œufs ou simplement de la mayo qui aurait touché tes frites si le cuisinier n’a pas changé de gants ou lavé ses mains, ou s’il a coupé un sandwich avec de la mayo et qu’il coupe le tien avec ce même couteau, celui-ci laisse un petit dépôt sur ta nourriture, c’est la contamination croisée tu manges ton repas et bam! Tu ne te sens pas bien c’est la réaction allergique qui commence (on en parlera plus loin).

Tranche de vie réelle : Il m'est déjà arrivé d’entrer dans une épicerie et vouloir en ressortir aussitôt. Pourquoi?
Une crise de panique, ne plus être capable de regarder les listes d’ingrédients et de toujours se buter à quelque chose qu’on ne peut pas prendre. Quelque fois ça va, mais un moment donné quand tout contient les allergènes que tu ne peux pas acheter, c’est ce que ça donne.

Donc nous faisons tout maison, (non non, on ne peut pas se dépanner avec du déjà tout fait) nous reprenons seulement les produits que nous connaissons sécuritaires mais encore là nous devons vérifiez de temps à autre car certaines compagnies changent leur recette sans l’annoncer.

Maintenant que j'ai fait un survol de certaines réalités de personne allergiques, si nous parlions de la réaction allergique elle-même. Ça commence tout bonnement ou tout d’un coup…

Sensation de picotement dans la bouche,

Yeux qui gonflent,
Gorge qui sert,
Étouffement, plus d’air qui passe, Au secours, à l’aide….
Épipen…  Ambulance… Hôpital
Voilà ce qui vient de se passer, si on est chanceux on est encore vivant, mais la sensation n’est pas agréable du tout. On est pour quelques heures voire quelques journées après une réaction tel l’anaphylaxie, à s’en remettre, c’est épuisant et passer près de mourir ce n’est pas agréable du tout.


Moi c’est mon garçon qui a des allergies.
(tous dans la catégorie des allergies prioritaires)

C’est pour lui que je fais tout cela. Que je prend le temps de m’assurer que tout est sécuritaire pour lui. Oui même s’il est allergique j’ai de ses allergènes dans ma maison car les autres enfants doivent en manger pour ne pas développer d’allergies, (soit dit en passant certains préfèrent tout sortir de leurs maisons, c’est un choix). Par contre, ne vous avisez pas de venir manger des arachides ou une toast au beurre de peanuts chez nous car j’ai un protocole très stricte, très sévère, elles ne passent pas la porte avec des invités. L’endroit le plus sécuritaire pour mon garçon est chez moi, car je sais tout ce qui a eu sur le comptoir, les contaminations croisées, il n’y en a pas. Lorsque qu’est venu le temps de l’envoyer à l’école (il était à la maison avant cela), ça été tout une organisation et tout un stress, un stress qui ne part pas, c’est comme un nuage gris au-dessus de nos têtes qui reste en permanence, quand je vois sur l’afficheur le numéro de téléphone de l’école, mon cœur débat, tout de suite je me dis : « ça y'est, il a fait une réaction allergique, je vais devoir aller à l’hôpital. » À toutes les fois c’est ce que je pense, j’essaie de me raisonner mais c’est plus fort que moi. Finalement, ça n’a jamais été ça jusqu’à présent, mais…. Si ça arrive…? Jusqu’à présent nous avons été chanceux, il n’a eu que de mini réactions, ce que j’entends par mini c’est de l’urticaire, il n’a jamais fait de choc anaphylaxique, j’espère qu’il n'en aura jamais. 

Pour cela, je compte sur vous. Oui, car vous avez une part de responsabilité dans tout ça. En continuant de suivre les recommandations de l’école quand ils demandent de ne pas envoyer d’arachides, de noix ou autres aliments, en ne faisant pas exprès, quand vous connaissez les allergènes pour en donner à votre enfants assis tout juste à côté de lui a une sortie, t’sé les bonnes barres tendres aux beurres d’arachides, (mmm ça serait bon ça, ça fait longtemps). Cette barre que votre enfant aura partout sur ses mains et qu'il étendra sur les chaises et tables juste à côté. Car c’est pour le bien de votre petit voisin qui a sa vie qui ne tient qu’au bout d’une ficelle contrairement à vous qui êtes chanceux qui avez une vie sans le gros nuage gris des allergies au-dessus de vos têtes.

Je vous dis donc, avec ce que je vous mentionnais plus haut, avec la liste d’épicerie et la demande de l’école, moi aussi je dois me conformer aux demandes de l’école. Si vous trouvez que ce n’est pas simple pour vous, imaginez-vous quand notre enfant a déjà des restrictions net qu'il faut ajouter des allergènes supplémentaires qui diminue davantage les choix possible pour lui! C’est un casse-tête à tous les matins. Et je ne peux pas me dire, « Ha bin, aujourd’hui tu mangeras à la café » pour me dépanner.  

Donc avant de dire: "c’est la faute aux allergiques", dites-vous donc que vous êtes chanceux de ne pas être allergique, de pouvoir manger tout ce que vous voulez et respecter les demandes de l’école pour avoir l’esprit tranquille et pas vous dire si une réaction allergique arrive à votre école : « est-ce que c’est parce que j’ai mis des amandes ce matin?? »

Une maman qui aimerait bien que fiston allergique ait une vie normale sans une épée au-dessus de sa tête et qui aimerait bien que les autres parents comprennent ce que c’est.


PSSSST. Je vous mets au défi de faire le test, une semaine sans œuf ni arachide, vous aurez une meilleure idée et gare aux traces, il ne doit pas y en avoir 😉


lundi 30 juillet 2018

Pourquoi se cacher derrière une armure?


Dernièrement lors de discutions avec des amies, me sont venus certains questionnements qui nous touchent toutes (mamans) à différent niveau : 

-Pourquoi avoir le sentiment d’être obligées de se cacher derrière une armure? 

-Pourquoi se sentir obligées de se montrer forte, invincible? Toujours à son affaire, toujours rayonnante? Alors que ce n’est pas le cas.
Quelle pression nous nous mettons! 

-Pourquoi sentons-nous ce besoin, quand tout au fond de nous ça crie au secours, à l’aide…
Quand nous sommes tristes,
Quand nous avons peur,
Quand nous doutons,
Quand nous nous cherchons,
Quand…

-Pourquoi être obligée, ou plutôt se sentir obligée de paraître comme une guerrière avec une armure qui ne nous fera jamais tomber?

Est-ce par peur du ridicule? (Le ridicule ne tue pas)

Est-ce par crainte de ne pas être écoutée? (Choisissons la bonne personne pour nous écouter, la personne qui a une bonne écoute et qui nous écoutera jusqu’à la fin et en qui nous avons confiance)

Est-ce par le jugement que l’autre portera sur nous? (Ici travaillons pour ne pas que le jugement des autres nous affecte.) 

Toute ces raisons sont possibles et plausibles.
Parler de ce qui a réellement sous cette armure de fer ne peut que nous faire avancer et nous faire du bien. Je dirais même que nous aurons des réponses à ce qui bouillonne à l’intérieur.


Et pour toi la personne qui sera l’oreille du moment, sois à l’écoute et ne porte pas de jugement facile car derrière chaque personne, il y a son lot d’épreuves qui est différent du tien et qui fait qu’une personne ne réagit pas de la même façon que tu le ferais et que dans une même situation que tu vivrais, tu réagirais différemment selon ton passé.


Cessons donc de se cacher derrière cette armure qui est si lourde à porter.
Vivons sans se mettre cette pression et acceptons que parfois nous avons besoin d’aide, que ce soit simplement pour une écoute ou pour s’occuper des enfants pendant que nous respirons un peu. Laissons l’orgueil de côté et sauvons-nous. (ou épargnons-nous. Ou choisissons-nous!)

Maman qui laisse tomber son armure

Le pilote automatique...

Depuis que je suis maman de mon premier enfant, un amour de bébé de maintenant 6 mois, j’apprends énormément et à tous les jours. Les mamans plus expérimentées trouveront ce texte peut-être bien naïf! Bref, depuis que premier bébé est là, je réalise que j’oscille constamment entre spontanéité et pilote automatique. Vous savez, quand vous pleurez devant le sourire de votre bébé et que, la minute suivante, vous essayez de le réconforter pendant une crise à la manière d’un robot. Contradictoire, non?


Dans ma vie, on m’a rarement donné autant de conseils non sollicités que depuis que je suis maman. “Si ton bébé pleure, fais ci. S’il pleure passé tel âge par contre, fais ça.” Comme si ce n’était plus un petit être humain après quelques mois de vie. Où je veux en venir avec ça, c’est que j’ai réalisé que je ne me fiais plus à mon instinct de mère quand, fatiguée, on m’a conseillé de laisser pleurer mon enfant la nuit, pour qu’il fasse (enfin) ses nuits. Et que j’ai envisagé cette méthode comme une option alors qu’avant, ç’aurait été non. C’est un choix personnel, à moi, et je respecte les parents qui le font, je les trouve courageux à la limite. Mais pour moi, ce n’était pas une solution, c’était trop me demander. Dans le fond, à ce moment-là, j’avais juste besoin d’une tape dans le dos, d’encouragements et qu’on me dise que je faisais bien ça, être une maman. Pas qu’on me dise quoi faire en se contrefichant de mes limites personnelles.

Un professionnel de la santé m’a dit, en parlant de mon garçon qui pleurait la nuit pour du réconfort : « en ce moment, c’est lui qui a le contrôle. » Je venais d’apprendre qu’aux multiples compétences parentales que je devais déjà développer venait de s’ajouter « ne pas se laisser manipuler par la petite bête machiavélique. » Non mais, sérieusement? Non, je n’ai pas l’intention de faire de mon garçon un enfant gâté. Je saurai lui dire non, imposer des limites et lui transmettre de bonnes valeurs. Je serai douce et ferme. Mais en attendant, peut-il être juste un bébé? Un bébé qui a besoin de sa mère?

J’ai vraiment réalisé que j’étais sur le pilote automatique quand, en revenant d’un atelier sur l’entraînement au dodo (au lieu de me reposer avec mon bébé à la maison, bravo fille!) je mémorisais les différentes étapes que j’allais devoir appliquer lorsque mon enfant allait se réveiller en hurlant cette nuit-là. J’avais une boule dans le ventre. De jour en jour, l’approche de l’heure du dodo me stressait de plus en plus. Parce qu’on m’avait dit qu’un bébé qui ne fait pas ses nuits à 6 mois, ce n’était pas normal et que le problème était alors les parents. Le mois fatidique était arrivé et ce n’était toujours pas le cas. Voilà, le problème c’était moi! La pauvre maman fatiguée qui voulait juste répondre aux besoins de son bébé. Puis, une amie m’a demandé : « ouin mais, qu’est-ce que ton instinct te dit de faire? » Je ne savais même plus quoi répondre!


Avec le temps, j’ai pris conscience que j’étais moins fatiguée et plus heureuse si j’acceptais la situation plutôt que d’essayer de la contrôler. Et que l’entraînement au dodo ce n’était peut-être pas pour moi, qui a toujours manquée cruellement de constance. Bébé est la meilleure boussole finalement.


Finalement, être une nouvelle maman, c’est mille fois plus difficile que ce à quoi je m’attendais. Mais pas à cause de bébé, de ses pleurs, de ses nuits ou de ses petits bobos. À cause des autres. L’entourage, qui souvent ne veut même pas mal faire mais qui aura toujours quelque chose à redire, à critiquer par derrière. La société et ses attentes impossibles. Le Mieux-Vivre (que
j’apprécie malgré tout, en passant). Les professionnels de la santé. Les autres mamans. Les groupes Facebook. La pression que l’on se met constamment pour tout bien faire, dans les temps et surtout comme tout le monde. À mon avis, tout ça brise un peu la magie des premiers mois de vie de bébé. On se gâche nous-mêmes un peu notre expérience de maman. Des mois qui ne reviendront jamais. Et dans quel but, finalement?


Je saurai quoi changer quand je serai maman d’un deuxième.

Maman sur le pilote automatique

jeudi 19 juillet 2018

Parents, exprimez-vous!

J'ouvre aujourd'hui un lieu de discussion concernant notre société actuelle. Après plusieurs conversations avec les parents, un constat est évident: l'obsession de productivité a des impacts certains sur nos vies, nos enfants, nos parents. Cette obsession orientée vers le résultat, et non vers la manière de l'obtenir, entraîne des effets secondaires qui sont pour le moins mis de côté, voire même ignorés. J'entends par là, et pour donner un exemple concret, la forte tendance actuelle à la médication.


Des parents me disent souvent avoir l'impression qu'à défaut de pouvoir donner un service adéquat, par manque de temps et manque de ressources, on médicamente. L'enfant qui ne suit pas le groupe et qui a des notes médiocres est souvent orienté vers la médication, sans qu'on prenne en compte, par exemple, son rythme d'apprentissage. Comme si tous les enfants se devaient d'apprendre au même rythme, sans compter, évidemment, les différentes formes d'intelligence (émotionnelle, créatives, etc.).

J'entends beaucoup de parents frustrés, qui se sentent dévalorisés dans leur rôle, comme si les professionnels (qui n'ont souvent vu l'enfant qu'une fois ou deux) étaient plus habilités qu'eux à savoir ce dont l'enfant a besoin. Comme dans toute chose, il n'y a pas que du bon ou du mauvais. L'idée n'est pas de faire le procès de la médication qui souvent a sa place (ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres), mais de se questionner en tant que citoyens sur ce qui nous fait défaut en tant que société.

Depuis l'apparition des réseaux sociaux et de plusieurs autres outils de communication, l'être humain tend à devenir de plus en plus isolé, les noyaux familiaux se dissolvent, ainsi que les réseaux naturels d'entraide. D'où l'apparition de travailleurs et organismes prônant la proximité, de groupes d'entraide, etc. L'idée de cet article est de donner la place aux parents, d'ouvrir un lieu d'échange.

Je vous invite donc à venir discuter de vos points de vue, via la page facebook de la Voix des Parents. Vous avez envie de parler de vos expériences, de vos craintes en tant que parents, de vos solutions, vous êtes les bienvenus!

Karine Roby, accompagnatrice de milieu pour les familles

mercredi 13 juin 2018

Mon papa et moi...

Dimanche c'est la fête des papas... pourquoi ne pas prendre le temps de réfléchir sur ce que nous ont transmis nos papas dans notre parentalité?

La générosité
Toujours la tête pleine de projets. Constamment des travaux èa faire. Mon père est toujours occupé. Malgré cela, il répond presque systématiquement par l'affirmative quand on le sollicite son aide. Le temps est ce qu'on a de plus précieux et lui, il choisit de le partager en joignant l'utile à l'agréable.

Récemment, cette grande qualité qu'est la générosité lui a en quelque sorte sauvé la vie. Il était allé aider le fils de sa blonde à Québec. Ça faisait plusieurs jours qu'il avait mal au bras, mais là le mal de coeur s'y est mis aussi. Son amoureuse lui a fait part de ses inquiétudes. Elle craignait qu'il fasse une crise de coeur. Elle a appelé l'ambulance. En effet, un caillot avait besoin besoin d’être délogé. Il se trouve qu'à l'hôpital de Lévis, ils sont spécialisés pour les opérations au coeur. S'il s'était retrouvé seul chez lui, à faire ses travaux plutôt que d'aller faire sa B.A. il aurait pu y passer.

Il croyait seulement faire une indigestion. Maintenant, une partie de son coeur est mort, mais il n'a pas moins d'amour pour autant. Il demeure actif, mais il va devoir laisser les autres être généreux avec lui.

Le sens de l'humour
J'utilise l'humour et l'auto-dérision dans ma vie quotidiennement. Je le dois certainement à mon papa qui les emploie constamment. Pro du calembour, il aime être le centre de l'attention dans les foules. Je me rappelle que petite, pour les longs voyages en voiture, mon père passait le voyage à nous raconter une panoplie de blagues que je trouvais désopilantes du haut de ma petite enfance et qu'aujourd'hui je raconte à mes enfants. Encore aujourd'hui, lorsqu'il ponctue ses conversations de jeux de mots parfois douteux, je reste cliente et ne peux m'empêcher de rire avec lui!

S'impliquer pour les autres et pour soi
Je n'ai pas le souvenir d'un papa si présent au quotidien quand j'étais petite. Il travaillait dans une usine et avait des horaires de nuit, de jour, de soir qui influençaient beaucoup son humeur. Cependant, j'ai le souvenir d'un papa impliqué. Impliqué auprès de la jeunesse, donc de moi et mes soeurs. Membre du Club Optimiste, président l'année de ma sixième année primaire, il a animé la vie de mon village en étant un pilier de cette organisation qui, je le dis en toute honnêteté, a perdu bien de la vigueur après son passage. Grâce à son implication, j'ai fait du ski, de l'improvisation, du théâtre très tôt dans ma vie. 

Avec l'âge, ses implications ont changé et notre relation est devenue beaucoup plus en présence. J'ai le souvenir de tellement de conversations sur la vie et sur le monde avec cet homme amoureux de l'humanité et qui y cherche sa place... bref, maintenant adulte je me reconnais énormément en lui pas juste parce que je suis ses traces en étant une personne hyper impliquée auprès de la jeunesse, mais parce que je cherche à mettre en pratique ce qui anime nos discussions. 

Pour la fête des pères, mon papa est en voyage de pêche avec deux amis dans le grand nord québécois et les maritimes. À la retraite, il pense enfin à lui et j'espère que j'aurais autant l'amour de la vie lorsque j'aurai son âge.

Bonne fête aux premiers hommes de nos vie et à tous les papas!!!

mercredi 6 juin 2018

Mon pré-partum


«Tu vas voir le deuxième trimestre est magique!»«Je m’ennuie tellement d’être enceinte…» «Tu es chanceuse de porter la vie, c’est beau!»

C’est habituellement des phrases qu’on entend quand on débute une grossesse. Après la joie de l’annonce magique vient les premiers mois où on a parfois l’impression de ne pas être enceinte. Pas encore de bedaine, des nausées, de la fatigue intense, du spotting un peu stressant… Ça donne plutôt l’impression d’avoir une gastro juste avant nos règles! On a hâte que ça commence pour vrai à paraître, à bouger, etc. Bref, on a hâte d’avoir tous les bons côtés de la grossesse. Ceux qu’on nous a souvent énumérés, qu’on a lus dans les livres, qu’on a vus nos amies vivre!!! À nous les cheveux épais et la peau rayonnante, le beau petit ventre rond, l’énergie X1000, la joie, la bonne humeur, les seins pleins et rebondissants !!!!

Et si tous ces bons côtés n’arrivaient juste jamais? Si à la place, tu te sentais comme une merde collée sous une chaussure qui a passé sous un 10 roues? Si tes hormones se foutaient bien de tout les supposés bienfaits de la grossesse. Si tu te payais une belle dépression pré-partum? Personne ne nous en parle de cette possibilité-là, elle n’existe nulle part dans les livres… En plus de ne pas se sentir bien, on a l’impression de ne pas être normale…

Ça m’est arrivé pour deux de mes grossesses. Dans mes pires jours, je voulais tout laisser tomber. J’ai même menacé mon chum de disparaître en lui laissant les enfants qu’on avait déjà et de faire avorter celui qui était dans mon ventre depuis plus de 32 semaines. On voit bien que mes hormones me faisaient dire absolument n’importe quoi. J’adore mes enfants, j’étais contente d’en porter un autre. Juste que c’était trop, beaucoup trop de responsabilités pour ce que j’étais capable de psychologiquement donner. Je voulais juste me rouler en boule quelques temps dans le bois. Plus de responsabilités. Plus de gens. Plus de demandes. Rien, juste rien. Je ne trouvais pas la force de m’occuper des autres, quand je ne pouvais même pas m’occuper de moi-même. Je n’avais pas ENVIE de m’occuper de moi-même. Je ne voulais pas affronter le monde extérieur, mon monde intérieur était bien assez trop pour moi… J’en ai parlé a personne sur le coup, quand même je parle de ça à qui…? J’étais bien trop bouleversée par mes sentiments pour prendre la chance de me faire juger, décortiquée par quelqu’un. Sauf, mon chum bien sûr qui vivait mes crises, complètement démuni ne reconnaissant plus la femme qui partage sa vie, la mère de ses enfants. Alors je me suis coupée du monde, je me suis enfermée dans ma détresse. J’ai traversé chaque journée en me disant que je n’avais pas d’autre choix quand même, qui d’autre serait assez fou pour prendre ma vie. C’est moi qui l’avais façonnée et je n’avais pas le choix d’en assumer les conséquences.

Et au bout de ce qui m’a paru un long calvaire, j’ai accouché! Mes hormones se sont toutes replacées, j’ai finalement vécue l’état de grâce que j’étais supposée connaître!! Je me suis finalement sentie normale.

Il ne faut pas perdre espoir, que la dépression soit post-partum ou pré-partum, parce que oui oui ça existe, elle finit par passer et nous ne sommes pas des extra-terrestres.

Hormonalement vôtre
Maman heureuse de sa vie

mercredi 23 mai 2018

L'anxiété et la maternité

J'ai toujours été anxieuse, mais l'arrivée de mes enfants et particulièrement depuis 1 an cela a augmenté.

Quand l’anxiété embarque dans un moment où on ne veut vraiment pas. Un sujet dont je voulais plus ou moins parler parce que pour moi c’est un handicap. C’est très présent dans ma vie depuis quelque mois. Un soir, mon chum et moi avons prévu de faire une sortie de couple depuis 3 semaines. Avant que les gros travaux dans les champs commencent. J’avais si hâte à ce soir là. Donc, on fait garder les enfants. On s’entend, on se trouve à à peine 10 minutes de la maison et c’est pas la première fois que je les fait garder.


On est arrivé 30 minutes à l’avance. Tout va bien jusque-là. Ça faisait 20 minutes que le spectacle était commencé que l’angoisse me pogne. Boule dans gorge qui me serre, difficulté à avaler. j’me sens étouffée entre mon chum et l’autre personne à côté de moi et tout le monde dans la salle.
Obligée de déranger le monde près de moi pour aller aux toilettes, chose qui me fait royalement chier. Aller aux toilettes en essayant de me calmer. Je reviens dans salle encore stressée, essayant le plus possible de profiter du moment. Je constate que je dois faire garder mes enfants plus souvent pour être plus à l’aise quand je les fait garder. Stresser parce qu’ils ne sont pas avec moi, même chose qui se passe quand je les envoie à la garderie.

Malgré tout, j'ai trouvé des moyens pour m'aider avec cet handicap qui envahit ma vie de couple et de famille. Je m'entraîne régulièrement. Bouger m'aide à ventiler, aérer mes idées. Je vais voir mes vaches et fais des travaux de ferme manuels. Quand je ne le fais pas aussi souvent que je le pourrais, je le ressens, l'anxiété augmente.

Maman qui travaille fort sur elle-même