jeudi 20 septembre 2018

On a mis quelqu’un au monde…

La voilà qui va donner naissance à son premier enfant. On l’endort, elle n’aura aucune conscience des contractions qui serviront à expulser son bébé. Elle ne verra pas le personnel hospitalier s’acharner à extirper de son ventre l’être qu’elle a porté durant 40 semaines. Elle a donc été privée de cette sensation intense du pouvoir de son corps à donner la vie. Plus tard, après avoir repris connaissance, on n’ose même pas lui montrer son fils; il a la tête toute allongée. Les fontanelles mettront du temps à se replacer. Le passage sera moins difficile pour les 7 autres enfants, mais la mère ne vivra réellement aucun de ses accouchements. Toujours ce gaz qui endort. Toujours être prise en charge. Toujours perdre le contrôle de son corps, mais surtout de sa tête.
Aujourd’hui ma grand-mère maternelle est atteinte d’Alzheimer. Elle déteste les soins corporels qu’on lui administre. Parce qu’elle ne coopère pas, on la drogue. Elle est donc endormie quand on lui donne son bain. Je me suis résolue à ne pas lui rendre visite le lundi, car elle est sous l’effet des médicaments tout le jour durant. Aucune possibilité de communiquer. De temps à autre, elle ouvre les yeux pour les refermer aussitôt. Loin de moi l’idée de critiquer les préposées du centre de jour. Je ne veux que mettre en lumière cette similitude entre ses accouchements et le déroulement de son hygiène corporel actuel. Ma critique serait plutôt du côté de la médicalisation à outrance qu’elle a connue en tant que parturiente.
De façon hebdomadaire, je me rends à sa chambre avec mes enfants. L’hiver plus fréquemment que l’été. Le fait de vivre sur une ferme me rend moins disponible en période estivale. Ma grande qui aura bientôt 4 ans aime bien ces visites. La chambre d’hôpital prend des allures de salle de jeux; bricolage, albums pour enfants empruntés à la bibliothèque, casse-têtes, ballons et balles. J’ai même eu le bonheur de voir ma grand-mère peigner les cheveux de son arrière-petite-fille. Il y a aussi des jours ou l’agressivité se met de la partie. Je sais que c’est la maladie qui l’amène parfois à nous manquer de respect. Je profite de ses écarts de conduite pour expliquer à ma fille pourquoi son arrière-grand-mère habite à l’hôpital ainsi que les réalités des personnes atteintes d’Alzheimer. Mais règle générale, le courant passe et c’est avec joie qu’on s’y rend de nouveau, semaine après semaine.
La venue de mon deuxième enfant suscite immanquablement la surprise quand nous entrons dans la chambre de ma grand-mère : « À qui ce beau bébé là? », me demande-t-elle, alors qu’il est bien entortillé dans l’écharpe de portage. Je lui réponds tout naturellement : « Il est sorti de mon ventre, c’est moi sa maman. » Chaque fois, son visage invariablement interloqué s’illumine par ma réponse. Même si elle ne se souvient pas de nous d’une fois à l’autre, je reste persuadée que notre présence lui fait du bien. C’est probablement la meilleure médecine que les personnes en perte d’autonomie peuvent recevoir. La vitalité de mes enfants semble mettre un baume sur les plaies de son âme. Pour quelques instants, malgré la maladie, son visage exprime la paix.

Dans ses moments les plus cohérents, ma grand-mère cherche une issue pour aller rejoindre sa mère. Elle s’excuse de devoir quitter et de ne pas rester plus longtemps : « Je dois aller aider ma mère à faire son ouvrage. » Son obsession de retourner aux sources me ramène à l’essentiel : le 

besoin en tant qu’être humain de se sentir utile de même que la recherche de proximité (au sens propre ou figuré) d’une enfant avec sa mère. Mine de rien, ces valeurs guident la direction que je veux donner à ma vie. Nous mettons des petits au monde et nous les accompagnons avec bienveillance. Parallèlement, j’imagine l’humanité comme un bambin qui a besoin de l’amour inconditionnel de ses parents pour se développer pleinement. Beaucoup de chemin reste à faire du côté relationnel pour l’évolution de l’espèce. Ce sera à chaque génération de faire progresser la civilisation. Mais nous n’y arriverons que si nous tirons des enseignements de ceux qui nous ont précédés. Accordons une attention particulière à nos ainés. Ils n’ont pas été parfaits, nous ne le sommes pas non plus. C’est surtout dans les défauts que les êtres se révèlent et nous font cheminer.

Grand-mère, à une autre époque, il y aurait longtemps que vous auriez passé de l’autre côté, puisque votre cœur continue à battre grâce à un pacemaker. Les gens en général croient que le progrès se trouve là; dans les nouvelles technologies. Entre autres celles qui nous maintiennent en vie plus longtemps. Alors que moi je sais, grand-mère, que ces dernières causent votre désarroi. Plusieurs fois, vous m’avez exprimé votre désir de partir. Tant dans vos moments de lucidité que dans vos délires. Espérant vous offrir un répit, voici une comptine que j’avais apprise à la maternelle :
Petit cœur d’or 

Tu fais tic, tu fais tac 
Petit cœur d’or, tu fais battre mon cœur.

Je l’adapte pour vous à l’instant :
Petit cœur à l’âge d’or 

Tu fais tic, tu fais tac 
Petit cœur dort, tu peux battre en retraite. 
Olive, votre mère, vous appelle. 
On devrait peut-être l’écouter.                   Votre petite-fille solidaire

jeudi 13 septembre 2018

Nous entendre

«C’est positif! C’est positif!» je crie
À l’instant, une joie intense m’envahit
Un sourire inoubliable, des bras qui me serrent
C’est officiel, aujourd’hui, nous ne sommes plus les mêmes qu'hier
Perdus dans le moment, moi qui danse
Lui qui me regarde, comme en transe
Notre aventure ne fait que commencer
Jeunes et naïfs, pas le temps de trop y penser.

Non mais c’est quoi cet odeur?
Encore une fois, je me retrouve devant la fameuse céramique. 
Elle devient vite ma meilleure amie, pratiquement une nouvelle sœur. 
Une trahison; tous ces propos de «Ça va être fantastique!»
Même plus capable de manger une chop de porc!
Messemble j’verrais pu personne, les mots s’échappent, j’ai pu le contrôle.
Ma patience est à bout!
J’crois qu’elle est perdue, la petite Jadou toute drôle...

Non mais c’est quoi ça? Des sacs et des sacs, je trie sans cesse.
Une mère qui ne sait même pas c’est quoi ces articles pour sa future princesse.
Et si c’est un prince? Ça change tout!
Je sors un p’tit truc pour un p’tit pou.
Un aileron de requin? Un chapeau de fête?
Nop. Un peepee teepee me dit une amie!
«Voyons, pour pas qu’il te pisse dessus!», quoi de mieux!
Ceux qui rient au lieu de juger, ceux qui nous ramènent le sourire
Dans les moments difficiles, quand tout ce qu’on veut c’est fuir
Sans mots, incertaine, anxieuse, apeurée. Comment je ferai sans eux? 



Voilà, on en est aux 10 levées pendant la nuit
Notre petit grandit, on grossit, mais bon pas la vessie!
Des inconnus qui touchent sans comprendre c’est quoi une bulle.
Demander un peu d’intimité, messemble c’est pas ridicule.
Voyons, j’ai pas plus qu’une bedaine de quelques poutines en trop
Je crée une vie, j’fais pas un one-man-show!
Parlons pas de ceux qui disent quoi faire, pourquoi faire et comment faire
Pardonnez-moi, j’avais oublié que moi pis ma tête, on vaut pas cher!

Les pantalons s’attachent plus, dormir devient tout un défi.
Chez le médecin, ce n’est plus notre corps.
Y-a-t-il quelqu’un qui va prendre le temps de parler de nous?
Le papa sur notre dos, nous laisse pratiquement plus se tenir debout
Plus de moment à moi seule, rendue là, allez, montez tous à bord!
Voilà, c’est l’histoire présente de ma vie
A-t-on pensé à tout, le soir où tu as été créé?
À l’aventure qui s’en suivrait, je vous avoue honnêtement, pas moé!

Ah mais tu aurais dû voir mon cœur la première fois que j’ai vu le tien.
Sachant que tu étais sain, au chaud, tout bien.
Les larmes aux yeux, je n’avais plus de doutes.
Je revivrais mille fois les moments difficiles et pénibles
Si c’était pour en arriver au jour où je dirais «Regardes, c’est le plus cute
Me perdre pour la première fois dans tes yeux, et enfin croire en l’impossible
Tout est oublié, puisque tu t’agrippes fort à ma main
Toi si petit, conquiert déjà nos cœurs, sans doute aussi ceux des prochains.



Les rires, larmes et cris lorsque nous annonçons ton arrivée.
Une famille unie par l’amour miraculeux pour un bébé.
Tu n’avais pas encore la taille d’un bleuet à ce moment
Que tu changeais déjà la vie de tant.
Qui aurait cru à l’amour et le soutien qui m’entoure?
Ton être minuscule et magnifique me force déjà à m’arrêter.
À prendre le temps d’apprécier ce que j’ai autour.
Oh que j’ai de la chance, oh que j’ai hâte de te les présenter!
Ces gens qui font tout pour me rassurer
Et ainsi assurer, à toi, moi et ton papa, une vie sublime et enchantée.

Jade, bientôt maman, simplement heureuse

mercredi 5 septembre 2018

Ha! les allergies!


Allergies par-ci, Allergies par là..
Allergies aux noix, soya, poissons, lait, œufs, épices, carottes, cèleri, pommes, fraises, gluten, arachides …..
Je pourrais en énumérer encore et encore et encore. Les allergies font partie de notre société d’aujourd’hui. On en entend parler partout.
-Pourquoi pas envoyer d’amandes?
-Pourquoi ils interdisent les graines de tournesol?
-Eille moi leur protocole je m’en balance, je vais en envoyez pareil des amandes, ils ne le sauront pas


En ce début des classes, voilà un texte que j’écris pour vous aider chers parents n’ayant pas d’allergie dans votre maisonnée, à comprendre et réfléchir sur pourquoi l’école demande de ne pas envoyer certains aliments, peut-être serez-vous plus compréhensibles… 
 


Vous reconnaissez ce symbole?



Même si vous n’êtes pas allergique vous le reconnaissez.      (Ne contient pas d’arachides)
Il y a quelques années nous ne connaissions seulement que cette allergie, celle aux arachides. L’industrie de la nourriture a adhéré à ce programme pour bien identifier cet aliment dans ses produits afin d’aider les personnes souffrant de cette allergie à repérer rapidement s’ils peuvent ou non utiliser ce produit. 

Vivre avec une allergie ce n’est pas simple, imaginez quand on augmente le nombre à 2-4-8-15… allergies. Oui-Oui, je ne vous mens pas ici en vous disant 15 allergies, certaines personnes en ont bien plus que ça même (et cela comprend simplement les allergies alimentaires là!)
Ce n’est pas simple du tout. Tout doit être vérifier minutieusement sur les emballages (prendre le temps à l’épicerie de lire toute la liste d’ingrédients un à un pour s’assurer qu’il n’y a pas d’allergène). Pour les arachides, comme je disais plus haut c’est rendu plus simple avec le logo sur les boîtes, mais imaginez-vous qu’un œuf dans une liste d’ingrédient ça ne s’appelle pas simplement œuf, bin non! 
On peut lire "albumine", "ovoglobuline", pour n’en nommer que deux, car la liste est très longue. Pour le lait: "bêta-lactoglobuline", "caséinate", et ce ne sont là aussi que deux de la longue liste de mots qui peuvent cacher le lait. 
On doit vérifier lorsqu’on est en visite ou au restaurant (ça c’est si on y va, c’est déjà compliqué, sans parler des contaminations croisées. Qu’est-ce que c’est ça?  C’est un aliment allergène comme des œufs ou simplement de la mayo qui aurait touché tes frites si le cuisinier n’a pas changé de gants ou lavé ses mains, ou s’il a coupé un sandwich avec de la mayo et qu’il coupe le tien avec ce même couteau, celui-ci laisse un petit dépôt sur ta nourriture, c’est la contamination croisée tu manges ton repas et bam! Tu ne te sens pas bien c’est la réaction allergique qui commence (on en parlera plus loin).

Tranche de vie réelle : Il m'est déjà arrivé d’entrer dans une épicerie et vouloir en ressortir aussitôt. Pourquoi?
Une crise de panique, ne plus être capable de regarder les listes d’ingrédients et de toujours se buter à quelque chose qu’on ne peut pas prendre. Quelque fois ça va, mais un moment donné quand tout contient les allergènes que tu ne peux pas acheter, c’est ce que ça donne.

Donc nous faisons tout maison, (non non, on ne peut pas se dépanner avec du déjà tout fait) nous reprenons seulement les produits que nous connaissons sécuritaires mais encore là nous devons vérifiez de temps à autre car certaines compagnies changent leur recette sans l’annoncer.

Maintenant que j'ai fait un survol de certaines réalités de personne allergiques, si nous parlions de la réaction allergique elle-même. Ça commence tout bonnement ou tout d’un coup…

Sensation de picotement dans la bouche,

Yeux qui gonflent,
Gorge qui sert,
Étouffement, plus d’air qui passe, Au secours, à l’aide….
Épipen…  Ambulance… Hôpital
Voilà ce qui vient de se passer, si on est chanceux on est encore vivant, mais la sensation n’est pas agréable du tout. On est pour quelques heures voire quelques journées après une réaction tel l’anaphylaxie, à s’en remettre, c’est épuisant et passer près de mourir ce n’est pas agréable du tout.


Moi c’est mon garçon qui a des allergies.
(tous dans la catégorie des allergies prioritaires)

C’est pour lui que je fais tout cela. Que je prend le temps de m’assurer que tout est sécuritaire pour lui. Oui même s’il est allergique j’ai de ses allergènes dans ma maison car les autres enfants doivent en manger pour ne pas développer d’allergies, (soit dit en passant certains préfèrent tout sortir de leurs maisons, c’est un choix). Par contre, ne vous avisez pas de venir manger des arachides ou une toast au beurre de peanuts chez nous car j’ai un protocole très stricte, très sévère, elles ne passent pas la porte avec des invités. L’endroit le plus sécuritaire pour mon garçon est chez moi, car je sais tout ce qui a eu sur le comptoir, les contaminations croisées, il n’y en a pas. Lorsque qu’est venu le temps de l’envoyer à l’école (il était à la maison avant cela), ça été tout une organisation et tout un stress, un stress qui ne part pas, c’est comme un nuage gris au-dessus de nos têtes qui reste en permanence, quand je vois sur l’afficheur le numéro de téléphone de l’école, mon cœur débat, tout de suite je me dis : « ça y'est, il a fait une réaction allergique, je vais devoir aller à l’hôpital. » À toutes les fois c’est ce que je pense, j’essaie de me raisonner mais c’est plus fort que moi. Finalement, ça n’a jamais été ça jusqu’à présent, mais…. Si ça arrive…? Jusqu’à présent nous avons été chanceux, il n’a eu que de mini réactions, ce que j’entends par mini c’est de l’urticaire, il n’a jamais fait de choc anaphylaxique, j’espère qu’il n'en aura jamais. 

Pour cela, je compte sur vous. Oui, car vous avez une part de responsabilité dans tout ça. En continuant de suivre les recommandations de l’école quand ils demandent de ne pas envoyer d’arachides, de noix ou autres aliments, en ne faisant pas exprès, quand vous connaissez les allergènes pour en donner à votre enfants assis tout juste à côté de lui a une sortie, t’sé les bonnes barres tendres aux beurres d’arachides, (mmm ça serait bon ça, ça fait longtemps). Cette barre que votre enfant aura partout sur ses mains et qu'il étendra sur les chaises et tables juste à côté. Car c’est pour le bien de votre petit voisin qui a sa vie qui ne tient qu’au bout d’une ficelle contrairement à vous qui êtes chanceux qui avez une vie sans le gros nuage gris des allergies au-dessus de vos têtes.

Je vous dis donc, avec ce que je vous mentionnais plus haut, avec la liste d’épicerie et la demande de l’école, moi aussi je dois me conformer aux demandes de l’école. Si vous trouvez que ce n’est pas simple pour vous, imaginez-vous quand notre enfant a déjà des restrictions net qu'il faut ajouter des allergènes supplémentaires qui diminue davantage les choix possible pour lui! C’est un casse-tête à tous les matins. Et je ne peux pas me dire, « Ha bin, aujourd’hui tu mangeras à la café » pour me dépanner.  

Donc avant de dire: "c’est la faute aux allergiques", dites-vous donc que vous êtes chanceux de ne pas être allergique, de pouvoir manger tout ce que vous voulez et respecter les demandes de l’école pour avoir l’esprit tranquille et pas vous dire si une réaction allergique arrive à votre école : « est-ce que c’est parce que j’ai mis des amandes ce matin?? »

Une maman qui aimerait bien que fiston allergique ait une vie normale sans une épée au-dessus de sa tête et qui aimerait bien que les autres parents comprennent ce que c’est.


PSSSST. Je vous mets au défi de faire le test, une semaine sans œuf ni arachide, vous aurez une meilleure idée et gare aux traces, il ne doit pas y en avoir 😉


lundi 30 juillet 2018

Pourquoi se cacher derrière une armure?


Dernièrement lors de discutions avec des amies, me sont venus certains questionnements qui nous touchent toutes (mamans) à différent niveau : 

-Pourquoi avoir le sentiment d’être obligées de se cacher derrière une armure? 

-Pourquoi se sentir obligées de se montrer forte, invincible? Toujours à son affaire, toujours rayonnante? Alors que ce n’est pas le cas.
Quelle pression nous nous mettons! 

-Pourquoi sentons-nous ce besoin, quand tout au fond de nous ça crie au secours, à l’aide…
Quand nous sommes tristes,
Quand nous avons peur,
Quand nous doutons,
Quand nous nous cherchons,
Quand…

-Pourquoi être obligée, ou plutôt se sentir obligée de paraître comme une guerrière avec une armure qui ne nous fera jamais tomber?

Est-ce par peur du ridicule? (Le ridicule ne tue pas)

Est-ce par crainte de ne pas être écoutée? (Choisissons la bonne personne pour nous écouter, la personne qui a une bonne écoute et qui nous écoutera jusqu’à la fin et en qui nous avons confiance)

Est-ce par le jugement que l’autre portera sur nous? (Ici travaillons pour ne pas que le jugement des autres nous affecte.) 

Toute ces raisons sont possibles et plausibles.
Parler de ce qui a réellement sous cette armure de fer ne peut que nous faire avancer et nous faire du bien. Je dirais même que nous aurons des réponses à ce qui bouillonne à l’intérieur.


Et pour toi la personne qui sera l’oreille du moment, sois à l’écoute et ne porte pas de jugement facile car derrière chaque personne, il y a son lot d’épreuves qui est différent du tien et qui fait qu’une personne ne réagit pas de la même façon que tu le ferais et que dans une même situation que tu vivrais, tu réagirais différemment selon ton passé.


Cessons donc de se cacher derrière cette armure qui est si lourde à porter.
Vivons sans se mettre cette pression et acceptons que parfois nous avons besoin d’aide, que ce soit simplement pour une écoute ou pour s’occuper des enfants pendant que nous respirons un peu. Laissons l’orgueil de côté et sauvons-nous. (ou épargnons-nous. Ou choisissons-nous!)

Maman qui laisse tomber son armure

Le pilote automatique...

Depuis que je suis maman de mon premier enfant, un amour de bébé de maintenant 6 mois, j’apprends énormément et à tous les jours. Les mamans plus expérimentées trouveront ce texte peut-être bien naïf! Bref, depuis que premier bébé est là, je réalise que j’oscille constamment entre spontanéité et pilote automatique. Vous savez, quand vous pleurez devant le sourire de votre bébé et que, la minute suivante, vous essayez de le réconforter pendant une crise à la manière d’un robot. Contradictoire, non?


Dans ma vie, on m’a rarement donné autant de conseils non sollicités que depuis que je suis maman. “Si ton bébé pleure, fais ci. S’il pleure passé tel âge par contre, fais ça.” Comme si ce n’était plus un petit être humain après quelques mois de vie. Où je veux en venir avec ça, c’est que j’ai réalisé que je ne me fiais plus à mon instinct de mère quand, fatiguée, on m’a conseillé de laisser pleurer mon enfant la nuit, pour qu’il fasse (enfin) ses nuits. Et que j’ai envisagé cette méthode comme une option alors qu’avant, ç’aurait été non. C’est un choix personnel, à moi, et je respecte les parents qui le font, je les trouve courageux à la limite. Mais pour moi, ce n’était pas une solution, c’était trop me demander. Dans le fond, à ce moment-là, j’avais juste besoin d’une tape dans le dos, d’encouragements et qu’on me dise que je faisais bien ça, être une maman. Pas qu’on me dise quoi faire en se contrefichant de mes limites personnelles.

Un professionnel de la santé m’a dit, en parlant de mon garçon qui pleurait la nuit pour du réconfort : « en ce moment, c’est lui qui a le contrôle. » Je venais d’apprendre qu’aux multiples compétences parentales que je devais déjà développer venait de s’ajouter « ne pas se laisser manipuler par la petite bête machiavélique. » Non mais, sérieusement? Non, je n’ai pas l’intention de faire de mon garçon un enfant gâté. Je saurai lui dire non, imposer des limites et lui transmettre de bonnes valeurs. Je serai douce et ferme. Mais en attendant, peut-il être juste un bébé? Un bébé qui a besoin de sa mère?

J’ai vraiment réalisé que j’étais sur le pilote automatique quand, en revenant d’un atelier sur l’entraînement au dodo (au lieu de me reposer avec mon bébé à la maison, bravo fille!) je mémorisais les différentes étapes que j’allais devoir appliquer lorsque mon enfant allait se réveiller en hurlant cette nuit-là. J’avais une boule dans le ventre. De jour en jour, l’approche de l’heure du dodo me stressait de plus en plus. Parce qu’on m’avait dit qu’un bébé qui ne fait pas ses nuits à 6 mois, ce n’était pas normal et que le problème était alors les parents. Le mois fatidique était arrivé et ce n’était toujours pas le cas. Voilà, le problème c’était moi! La pauvre maman fatiguée qui voulait juste répondre aux besoins de son bébé. Puis, une amie m’a demandé : « ouin mais, qu’est-ce que ton instinct te dit de faire? » Je ne savais même plus quoi répondre!


Avec le temps, j’ai pris conscience que j’étais moins fatiguée et plus heureuse si j’acceptais la situation plutôt que d’essayer de la contrôler. Et que l’entraînement au dodo ce n’était peut-être pas pour moi, qui a toujours manquée cruellement de constance. Bébé est la meilleure boussole finalement.


Finalement, être une nouvelle maman, c’est mille fois plus difficile que ce à quoi je m’attendais. Mais pas à cause de bébé, de ses pleurs, de ses nuits ou de ses petits bobos. À cause des autres. L’entourage, qui souvent ne veut même pas mal faire mais qui aura toujours quelque chose à redire, à critiquer par derrière. La société et ses attentes impossibles. Le Mieux-Vivre (que
j’apprécie malgré tout, en passant). Les professionnels de la santé. Les autres mamans. Les groupes Facebook. La pression que l’on se met constamment pour tout bien faire, dans les temps et surtout comme tout le monde. À mon avis, tout ça brise un peu la magie des premiers mois de vie de bébé. On se gâche nous-mêmes un peu notre expérience de maman. Des mois qui ne reviendront jamais. Et dans quel but, finalement?


Je saurai quoi changer quand je serai maman d’un deuxième.

Maman sur le pilote automatique

jeudi 19 juillet 2018

Parents, exprimez-vous!

J'ouvre aujourd'hui un lieu de discussion concernant notre société actuelle. Après plusieurs conversations avec les parents, un constat est évident: l'obsession de productivité a des impacts certains sur nos vies, nos enfants, nos parents. Cette obsession orientée vers le résultat, et non vers la manière de l'obtenir, entraîne des effets secondaires qui sont pour le moins mis de côté, voire même ignorés. J'entends par là, et pour donner un exemple concret, la forte tendance actuelle à la médication.


Des parents me disent souvent avoir l'impression qu'à défaut de pouvoir donner un service adéquat, par manque de temps et manque de ressources, on médicamente. L'enfant qui ne suit pas le groupe et qui a des notes médiocres est souvent orienté vers la médication, sans qu'on prenne en compte, par exemple, son rythme d'apprentissage. Comme si tous les enfants se devaient d'apprendre au même rythme, sans compter, évidemment, les différentes formes d'intelligence (émotionnelle, créatives, etc.).

J'entends beaucoup de parents frustrés, qui se sentent dévalorisés dans leur rôle, comme si les professionnels (qui n'ont souvent vu l'enfant qu'une fois ou deux) étaient plus habilités qu'eux à savoir ce dont l'enfant a besoin. Comme dans toute chose, il n'y a pas que du bon ou du mauvais. L'idée n'est pas de faire le procès de la médication qui souvent a sa place (ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres), mais de se questionner en tant que citoyens sur ce qui nous fait défaut en tant que société.

Depuis l'apparition des réseaux sociaux et de plusieurs autres outils de communication, l'être humain tend à devenir de plus en plus isolé, les noyaux familiaux se dissolvent, ainsi que les réseaux naturels d'entraide. D'où l'apparition de travailleurs et organismes prônant la proximité, de groupes d'entraide, etc. L'idée de cet article est de donner la place aux parents, d'ouvrir un lieu d'échange.

Je vous invite donc à venir discuter de vos points de vue, via la page facebook de la Voix des Parents. Vous avez envie de parler de vos expériences, de vos craintes en tant que parents, de vos solutions, vous êtes les bienvenus!

Karine Roby, accompagnatrice de milieu pour les familles

mercredi 13 juin 2018

Mon papa et moi...

Dimanche c'est la fête des papas... pourquoi ne pas prendre le temps de réfléchir sur ce que nous ont transmis nos papas dans notre parentalité?

La générosité
Toujours la tête pleine de projets. Constamment des travaux èa faire. Mon père est toujours occupé. Malgré cela, il répond presque systématiquement par l'affirmative quand on le sollicite son aide. Le temps est ce qu'on a de plus précieux et lui, il choisit de le partager en joignant l'utile à l'agréable.

Récemment, cette grande qualité qu'est la générosité lui a en quelque sorte sauvé la vie. Il était allé aider le fils de sa blonde à Québec. Ça faisait plusieurs jours qu'il avait mal au bras, mais là le mal de coeur s'y est mis aussi. Son amoureuse lui a fait part de ses inquiétudes. Elle craignait qu'il fasse une crise de coeur. Elle a appelé l'ambulance. En effet, un caillot avait besoin besoin d’être délogé. Il se trouve qu'à l'hôpital de Lévis, ils sont spécialisés pour les opérations au coeur. S'il s'était retrouvé seul chez lui, à faire ses travaux plutôt que d'aller faire sa B.A. il aurait pu y passer.

Il croyait seulement faire une indigestion. Maintenant, une partie de son coeur est mort, mais il n'a pas moins d'amour pour autant. Il demeure actif, mais il va devoir laisser les autres être généreux avec lui.

Le sens de l'humour
J'utilise l'humour et l'auto-dérision dans ma vie quotidiennement. Je le dois certainement à mon papa qui les emploie constamment. Pro du calembour, il aime être le centre de l'attention dans les foules. Je me rappelle que petite, pour les longs voyages en voiture, mon père passait le voyage à nous raconter une panoplie de blagues que je trouvais désopilantes du haut de ma petite enfance et qu'aujourd'hui je raconte à mes enfants. Encore aujourd'hui, lorsqu'il ponctue ses conversations de jeux de mots parfois douteux, je reste cliente et ne peux m'empêcher de rire avec lui!

S'impliquer pour les autres et pour soi
Je n'ai pas le souvenir d'un papa si présent au quotidien quand j'étais petite. Il travaillait dans une usine et avait des horaires de nuit, de jour, de soir qui influençaient beaucoup son humeur. Cependant, j'ai le souvenir d'un papa impliqué. Impliqué auprès de la jeunesse, donc de moi et mes soeurs. Membre du Club Optimiste, président l'année de ma sixième année primaire, il a animé la vie de mon village en étant un pilier de cette organisation qui, je le dis en toute honnêteté, a perdu bien de la vigueur après son passage. Grâce à son implication, j'ai fait du ski, de l'improvisation, du théâtre très tôt dans ma vie. 

Avec l'âge, ses implications ont changé et notre relation est devenue beaucoup plus en présence. J'ai le souvenir de tellement de conversations sur la vie et sur le monde avec cet homme amoureux de l'humanité et qui y cherche sa place... bref, maintenant adulte je me reconnais énormément en lui pas juste parce que je suis ses traces en étant une personne hyper impliquée auprès de la jeunesse, mais parce que je cherche à mettre en pratique ce qui anime nos discussions. 

Pour la fête des pères, mon papa est en voyage de pêche avec deux amis dans le grand nord québécois et les maritimes. À la retraite, il pense enfin à lui et j'espère que j'aurais autant l'amour de la vie lorsque j'aurai son âge.

Bonne fête aux premiers hommes de nos vie et à tous les papas!!!